lundi 29 décembre 2014

Salaires bloqués, mal-être et baisse d'effectifs en 2015



La deuxième réunion NAO a eu lieu le  vendredi 19 décembre 2014. Aucune avancée n'a été enregistrée. La direction campe sur ses positions.

Lors de la réunion précédente, elle avait proposé une prime de 200 euros aux salariés gagnant moins de 2 smic. Vingt-trois personnes sont concernées : 1 cadre, 15 employé(e)s et 7 journalistes. Sa mise en place représentera une dépense inférieure à 7 000 euros (dixit la direction).
L'augmentation de l'an dernier (+0,5%) a coûté 37 000 euros sur un an et 24 000 euros d'octobre 2013 à octobre 2014 (où les journalistes n’ont eu que +0,25%).


Argument du directeur général pour nous refuser toute revalorisation salariale : « Les chiffres de novembre et décembre ne sont pas bons. L'effet concours (35 000 euros de chiffre d'affaires)  n'est pas suffisant. La pub chute de 10% en décembre. » Ajoutons même qu'elle est bradée : les commerciaux ayant ordre de proposer des rabais de 80% pour faire du chiffre avant le 31 décembre.


Un journal très rentable


Il oublie de préciser que le CP va dégager un excédent brut d'exploitation (qui indique la rentabilité de l'entreprise) d'environ 1,8M d'euros en 2014. Distribuer  40 000 euros au maximum aux salariés n'est rien. 


La CFDT demande une revalorisation des salaires de 0,6%, tenant compte de l'inflation mais aussi des charges de travail et qualifications supplémentaires depuis l'arrivée de CCI.

La CFDT demande aussi une renégociation de la grille de salaires de la rédaction, alignée sur celle de la Voix, une prime Journal du 7e jour, la renégociation des effectifs de la rédaction avec un retour à 87 journalistes, la renégociation de l'accord Hommes-Femmes qui expire en juin. Une troisième réunion NAO  aura lieu le 21 janvier 2015.


Toujours moins

 En fin de réunion, le DG a déclaré : « On n'échappera pas à une baisse des effectifs à la rédaction » Sans en dire plus. Il faut donc se préparer à une année 2015 difficile et à une mobilisation de tous les instants pour tenter de faire obstacle à tous ces projets qui, peu à peu, détruisent le Courrier picard, son image et ses emplois. 

Première victime, le directeur de PMP viré avant Noël pour, officiellement, insuffisance de résultats. Rappelons que celui qui le remercie est celui qui est allé le rechercher après qu’il ait été écarté par le précédent DG.

L’Oise en danger


Pendant ce temps, la direction ignore les sacrifices faits dans l’Oise où la réorganisation est mal vécue. Les conditions de travail se dégradent. La nouvelle agence de Compiègne est vétuste. 

Le mal-être est perceptible par tous, sauf par la hiérarchie. 
Nos élus CHSCT réclament une réunion en urgence. La direction, elle, joue la montre.

mardi 21 octobre 2014

Picardie, Champagne, Ardenne : même contenu !


"Toutes les pages d'informations du journal continueront d'être entièrement réalisées à Amiens par la rédaction du Courrier picard et des différents bureaux."
De qui ces nobles propos ? Du "vertueux pluraliste" (1) grand patron de la Voix du Nord, Jacques Hardoin qui, en 2009, quand il s'agissait de faire main basse sur le journal, nous promettait une vie plus radieuse.
Aujourd'hui, le même via le groupe Rossel renie ses propos et supprime la fabrication à Amiens des pages d'informations générales. A compter du 3 novembre 2014, elles seront réalisées à Reims par les confrères de L'Union.
Terminé le pluralisme ! En Picardie, les lecteurs de la presse quotidienne régionale devront acheter Le Parisien s'ils veulent une information différente. Courrier picard, Union de Reims, Aisne nouvelle vont désormais leur offrir les mêmes contenus, exception faite des pages locales et régionales (pour le moment). Les Sports sont aussi dans le collimateur ; la mutualisation des informations sportives nationales et internationales est à l'étude.
Cette uniformisation s'inscrit dans une politique engagée depuis un bon moment. L'Union et l'Aisne nouvelle (désormais filiale du Courrier picard) ont  repris sans vergogne notre maquette. Ces deux journaux publient les mêmes pages hippiques, télévision, éphéméride que nous. L'Union va jusqu'à reprendre chaque matin le dessin d'Alex, l'humoriste "Courrier picard".
Si François Hollande n'est pas parvenu à fusionner politiquement Picardie et Champagne-Ardenne, Rossel est bien parti pour n'offrir à terme, à cette grande région, qu'un quotidien unique.

Rationaliser

Le contenu préoccupe peu ces patrons de presse. Leur seul objectif : dégager un maximum de profit. Pour cela, tous les moyens sont bons. En premier lieu rationaliser les effectifs.
Entre 2010 et 2013, le CP est passé de 189 salariés à 143. Et nous allons encore en perdre une petite dizaine en 2014. L'externalisation des pages d'informations générales permet de supprimer deux postes de journalistes. La direction s'est engagée à les redistribuer au sein de la rédaction. L'un a été affecté au web et l'autre devrait aller aux locales. Sauf que personne ne veut retourner en locale. Les IG étaient réalisées par des journalistes d'expérience dont la carrière, au fil des ans, a évolué. La consoeur pressentie subit actuellement de fortes pressions au point de se retrouver en arrêt maladie pendant quinze jours. Voilà qu'après 30 ans de métier, la rédaction en chef lui a fait comprendre  qu'elle était... nulle.
Elle paye le résultat d'une gestion du personnel qui ne l'est pas moins. Début septembre, la rédaction en chef a fait venir de Beauvais un jeune confrère, qu'elle a affecté aux Informations générales. Aujourd'hui, elle veut renvoyer à Beauvais la consoeur. Un jeu de chaises musicales incompréhensible sauf à vouloir éliminer les vieux qui, en plus, coûtent cher.
A d'autres quinquagénaires, la rédaction en chef explique, via ses adjoints, qu'ils devraient réfléchir à un départ en retraite anticipée, étudier la loi Fillon, etc. Des pressions à peine voilées pour les pousser vers la sortie.

La CFDT dénonce ces pratiques. Elles prouvent que la direction n'a tiré aucune leçon du conflit de mai. Qu'au contraire, elle est dans un esprit de revanche bien décidée à faire payer à la rédaction, par tous les moyens, sa rébellion.



(1) C'est ainsi qu'il se qualifiait dans une chronique.

vendredi 4 juillet 2014

Censure

Les lecteurs du Courrier picard ne prendront jamais connaissance de la réaction des quatre élus du comité d'entreprise (2 CFDT, 1 SNJ, 1 FO) qui avaient demandé à la direction de publier leur réaction à la suite d'un papier titré "Fin de la grève", paru le 10 mai dernier sous la plume de Gabriel d'Harcourt, directeur général.

Ce dernier avait soumis cette parution à une validation personnelle. Il a considéré que le texte  relevait "du tract au ton virulent qui aborde des sujets qui vont au-delà du sujet d'origine" et de surcroît, adressé un mois après les faits, il l'a trouvé "un peu réchauffé pour nos lecteurs qui sont certainement passés à autre chose et ont dû oublier depuis belle lurette le communiqué paru le 10 mai".
Afin de permettre à chacun de juger du bien fondé de sa réaction, voici le texte censuré :

"Dans un article titré « Fin de la grève » (lire le Courrier picard du 10 mai 2014), le directeur général du Courrier picard donnait sa version du conflit qui a secoué notre journal du lundi 5 au vendredi 9 mai à la suite du licenciement pour « faute grave » d’un journaliste, chef d’édition à Beauvais. Cette version a profondément choqué les grévistes ainsi que les élus CFDT, SNJ et FO du comité d’entreprise.


Au lendemain d’un conflit unique dans l’histoire du quotidien, ils ont jugé ce texte provocateur, revanchard et susceptible de remettre de l’huile sur le feu.
Trois (CFDT et SNJ) des cinq élus au comité d’entreprise ont voté,  le 19 mai 2014, en réunion extraordinaire, une motion de soutien à notre confrère et ont souhaité à travers ce texte répondre à la direction.



Ainsi, il est faux d’écrire que « tout le monde a fini par reconnaître la gravité de la faute ». Les syndicats  CFDT, SNJ et FO n’ont jamais nié l’incident mais ont toujours affirmé que la sanction était démesurée. Si cela méritait un recadrage, la « faute grave » ne se justifiait en aucun cas.



C’est bien une majorité du personnel du Courrier picard qui s’est montrée solidaire du mouvement. Intégrer parmi les non-grévistes les 25 salariés de PMP,  la filiale publicitaire,  parmi l’effectif du journal permettait de gonfler les chiffres. Par ailleurs, des non-grévistes, y compris parmi l’encadrement, ont explicitement appelé à la réintégration de notre collègue.
Ce qui n’était qu’un « coup de gueule » a été monté en épingle par une direction qui a saisi l’occasion pour supprimer un emploi au moment où elle préparait un plan de restructuration dans l’Oise qui va se traduire par la suppression de six postes de journalistes (sur 16).



Si, comme l’affirme la direction, le conflit en s’éternisant faisait peser des risques sur l’emploi et l’avenir de l’entreprise, c’est bien parce que cette même direction est restée sourde aux appels des élus. Dès le samedi 3 mai 2014, jour où notre confrère recevait sa lettre recommandée, plusieurs d’entre eux attiraient son attention sur les conséquences de la mesure.



Ce conflit a mis au jour un malaise qui, ces dernières années, n’a fait que s’amplifier, résultat d’une absence d’écoute. En acceptant de mettre en place, à la demande de la CFDT, du SNJ et de FO, un groupe de travail chargé de se pencher sur ces questions de gouvernance, la direction semble montrer qu’elle a, cette fois-ci, entendu le message.



 Joël CYPRIEN (CFDT), Gaël RIVALLAIN (SNJ), Sylviane PRUVOST (CFDT), David VANDEVOORDE (FO), élus du comité d’entreprise."


Devions-nous nous attendre à autre chose que ce refus de publication ? Non.
Quel qu'en fut le contenu, il aurait toujours trouvé un argument pour éviter de le publier. D'autant qu'en la circonstance, c'est par mail qu'il a annoncé sa décision sans jamais proposer de revoir la copie, d'en débattre, voire de l'amender.
Quant au texte "réchauffé", il ignore certainement qu'en matière de presse, un droit de réponse, par exemple, peut se faire dans les deux mois.
Reste le "tract au ton virulent". Nous, nous l'avons lu le 10 mai 2014. C'est pour cela que nous avons souhaité y répondre.

mercredi 28 mai 2014

L'Oise en péril et plan social déguisé

Le Courrier picard dans l'Oise risque, à très court terme, de n'être plus qu'un souvenir. La direction du journal a annoncé ce lundi 26 mai 2014 en comité d'entreprise un plan de restructuration qui, selon la CFDT,  va le conduire à la mort.
En 2009, les derniers dirigeants de la scop dans leur politique de fuite en avant décidaient de supprimer l'édition unique (qui en son temps avait relancé les ventes) pour créer deux éditions : une sur Beauvais, l'autre sur Compiègne. Une initiative combattue par l'ensemble de la rédaction, du rédacteur en chef (qui sous la pression hiérarchique changera d'avis) aux syndicats,  CFDT en tête. Non seulement cette double édition,  encouragée par l'actionnaire minoritaire de l'époque (la Voix du Nord), était une erreur éditioriale mais elle plombait un peu plus les comptes d'une entreprise déjà mal en point.
Prenant le pouvoir fin 2009, la Voix du Nord ne changeait rien. Cinq ans après, les mêmes font volte face et décident de revenir à l'édition unique. Ce dont nous devrions légitiment nous réjouir.
Sauf que...
L'édition unique que Rossel-Voix du Nord entendent nous imposer à la rentrée de septembre n'a rien à voir avec celle que nous avons connue avant 2009.

Six emplois supprimés

Quand les lecteurs de l'époque bénéficiaient de trois pages départementales et d'une quinzaine de pages de locale chaque jour, ceux de demain n'auront plus droit qu'à deux pages départementales, une page d'infos service et 7 pages de locale. Soit un total de 10 pages qui dans le détail se traduiront par 2 pages Beauvais, 2  Compiègne et les trois autres pour Noyon, Clermont et tout le secteur rural.
Si les lecteurs continuent à nous acheter avec une si maigre pitance, il faudra leur décerner des lauriers.

Comme les deux éditions de l'Oise sont tombées à 8 500 exemplaires (contre 10 000 avant), eh bien on va réduire aussi les effectifs. Car la vraie raison de ce projet est là : supprimer des postes de journalistes
Les seize localiers qui oeuvrent actuellement sur le département sont bien trop nombreux. A 10, ils y arriveront tout aussi bien.
Pour faire passer la pilule, la direction ose affirmer que "cette réduction d'effectifs sera sans incidence sur les effectifs CDI de la rédaction". Elle devrait ajouter : "à ce jour". Parce que les effectifs CDI qui devraient être de 87 ne sont plus, depuis 18 mois, que de 81. Les différents départs enregistrés en ce laps de temps n'ont jamais été compensés par des CDI mais par des CDD dont on va se débarrasser fin juin.
Les trois CDD actuellement dans l'Oise peuvent d'ores et déjà préparer leurs valises.
A la lueur de cette restructuration, on comprend mieux le licenciement pour une soit-disant "faute grave" de notre confrère, chef d'agence de Beauvais. C'était l'occasion idéale de supprimer l'un des trois postes de CDI qu'il faut encore gagner.
Grâce à la mobilisation de la rédaction, il a été réintégré. Il officie depuis le début de la semaine à Abbeville, en qualité de secrétaire de rédaction (éditeur, dans le langage Rossel-VdN). Reste à recaser deux autres confrères à qui, des postes occupés dans la Somme  par d'autres CDD, devraient être proposés.
On emploie le conditionnel car le rédacteur en chef affirme ne pas avoir achevé son "travail de concertation". Ceux qui croient au père Noël ou au petit Jésus n'ont pas de raison de  douter de sa parole.

 Mort lente

A la CFDT, nous sommes favorables au retour de l'édition unique sur les bases de celle d'avant 2009, avec un effectif  et une pagination identiques.
Les économies de papier et la réduction constante de la masse salariale sont les motivations premières d'une direction, incapable depuis son arrivée de redresser les ventes qui, par ces mesures dans l'Oise, voue cette édition à sa disparition. Qui voudra encore débourser 1,10 euro  pour un journal qui aura perdu les trois quarts de son contenu local ?

Lors de la prise de pouvoir de la VdN au CP en 2009, la CFDT affirmait que dans les cinq ans, l'Oise aurait disparu. Qu'ensuite on s'attaquerait à l'Aisne et que l'objectif final de l'actionnaire était de se concentrer sur la Somme, pour en faire une édition supplémentaire de la Voix du Nord.
On s'est légèrement trompé sur le calendrier que le rachat de l'Aisne nouvelle est venu bouleverser, mais le cap est bien maintenu.
L'avenir du Courrier picard ne s'annonce pas radieux.

mardi 13 mai 2014

Un conflit exemplaire

«Nous avons le plaisir de vous annoncer la réintégration d'Olivier ! Cette victoire, c'est la nôtre. C'est la vôtre. Merci », pouvait-on lire le vendredi 9 mai 2014 dans l'après-midi, sur la page Facebook ouverte par les grévistes à l'occasion d'un conflit unique dans l'histoire du journal.
Jamais, on n'avait connu une telle mobilisation. Seul le groupe Rossel-Voix du Nord par "ses valeurs d'écoute et de respect qui sont celles de l'entreprise et du Groupe auquel elle appartient (sic)" comme l'a joliment écrit le samedi 10 dans les colonnes du journal, Gabriel d'Harcourt, directeur général du Courrier picard, pouvait ressusciter un état d'esprit qu'on pensait mort avec la coopérative.
En cinq jours (du 5 au 9 mai), les grévistes ont fait plus pour redorer l'image du journal que la direction en quatre ans. Les témoignages recueillis sur les réseaux sociaux en attestent. Il faut remonter à 1986 et au dépôt de bilan du journal, pour rencontrer un tel élan de solidarité de la part des lecteurs.
Tout a commencé le 2 mai, lendemain de la fête du Travail et surlendemain de la fête du personnel, organisée traditionnellement tous les 30 avril au Courrier picard.

"Faute grave" bidon

Notre confrère Olivier Hanquier, chef d'édition de Beauvais, apprend son licenciement par lettre recommandée, pour "faute grave", à compter du lundi 5 mai 2014.
Que lui reproche-t-on ? Un coup de gueule. Le 8 avril dernier lors d'une visite dans les locaux de son agence, de quatre stagiaires (dont deux des trois élus au CHSCT). Dans le cadre d'une formation CHSCT, ils  viennent, avec le formateur, effectuer un exercice pratique sur le terrain.
Olivier s'étonne de ne pas voir le nouveau secrétaire CFDT du CHSCT qui, ayant pris connaissance de ce déplacement, a demandé à la responsable des ressources humaines (par ailleurs stagiaire) d'y être associé. Demande restée sans réponse.
Il se voit ensuite reprocher l'état de l'agence alors qu'il a signalé à plusieurs reprises les problèmes (photos à l'appui). La direction ne s'est jamais manifestée. Là, à l'occasion de ce stage, toutes les récriminations pleuvent. Trop, c'est trop ! Notre confrère sort de ses gongs.
Il reconnaîtra le lendemain s'être emporté et s'en excusera. Pas suffisant pour une direction peu ouverte au dialogue, qui voit là une bonne occasion de supprimer un emploi à moindre frais.

Un DG aux abois

Les résultats du directeur général ne sont pas très bons et l'actionnaire lui met la pression. Les chiffres des ventes sont mauvais. S'il peut se débarrasser d'un gros salaire, voilà qui va améliorer ses comptes. D'autant que le confrère est un peu remuant. Toujours plein d'idées, il n'hésite pas à formuler des contre-propositions aux projets de la rédaction en chef. Chez Rossel-VdN où on aime voir qu'une seule tête, le débat  n'est pas bien venu.
Le pont du 1er mai n'a pas été choisi au hasard par la direction. Bon nombre de salariés sont absents, le secrétaire CFDT du comité d'entreprise (1) est en congés et le délégué du personnel CFDT part le jeudi suivant. La fenêtre de tir semblait idéale.
C'est sans compter sur la popularité d'Olivier Hanquier. Bon nombre de jeunes journalistes sont passés par lui. Il les a formés et a contribué à leur embauche. Tous lui en sont reconnaissants.
Par ailleurs, la direction n'a pas mesuré l'état d'exaspération du personnel. Depuis 2009, les plans sociaux se sont succédé, les conditions de travail se sont détériorées et les humiliations multipliées. Dernière en date : l'attribution d'une augmentation de 0,25% aux journalistes en octobre 2013 au lieu des 0,50% versés à l'ensemble du personnel, pour les punir d'avoir obtenu gain de cause devant  la Commission des droits d'auteur des journalistes.

Une mobilisation exceptionnelle

Dès le vendredi 2 mai 2014, CFDT, FO, SNJ et CGT convoquent une assemblée générale pour le lundi 5 dans le but d'obtenir un retrait de la sanction. La mobilisation dépasse  toutes les espérances. Plus de 70 personnes présentes ou représentées (sur 130 salariés). La grève est votée à une large majorité et une partie des votes contre se rallie aux grévistes. Sauf les représentants de la CGT qui se retirent du mouvement et repartent travailler.
La direction, elle, campe sur ses positions et pratique le chantage. Ce qui a pour effet de durcir le mouvement qui est reconduit le lendemain mardi pour le mercredi. Il faut dire que le DG a encore fait fort. Il  écrit dans un mail interne que "le temps des échanges avec la direction générale sur ce sujet (ndlr : la réintégration du confrère) est terminé, et celle-ci ne reviendra pas sur la sanction prononcée à l'égard du cadre concerné".
Rebelote le mercredi pour le jeudi et le jeudi pour le vendredi. Les non-grévistes (essentiellement les cadres de la rédaction en chef et des CDD qui n'ont guère le choix) ont de plus en plus de mal à boucler un journal qui n'en est pas un. Une édition unique faite de bric et de broc sort depuis le mardi. Jusqu'au vendredi 9 mai où il n'y a pas de journal dans les kiosques.

Pas perdre la face

Entre temps, les grévistes ont mené quelques actions spectaculaires dans les rues d'Amiens et ont reçu le soutien de politiques comme Caroline Cayeux, sénateur-maire UMP de Beauvais, ou Pascale Boistard, députée PS d'Amiens. Des sections syndicales de la Voix du Nord, y compris la CGT. Facebook et Twitter  font le reste.
Touchée au porte monnaie avec une non parution, la direction change de discours mais ne veut pas perdre la face : Olivier est réintégré mais reste sanctionné par une mise à pied et une mutation. Une double sanction contraire au droit du travail tout comme le licenciement qui s'était fait sans entretien préalable.
Auparavant le DG a tenté de casser l'unité syndicale en excluant d'une réunion de négociation tenue le vendredi matin dans un bistrot de Breteuil (Oise), la CFDT.  Il y avait invité des représentants de la CGT (non gréviste), de la CGC et du SNJ. Mais personne de notre syndicat, ni de FO, les deux organisations majoritaires lors des élections du personnel d'octobre 2013. Gabriel d'Harcourt aime choisir ses interlocuteurs.
La forte mobilisation des journalistes et des employés a permis de faire céder une direction qui quelques jours plus tôt affirmait qu'il n'y avait "aucune raison de revenir sur un licenciement pour faute grave", parlait d'humiliations, de comportement violent et injurieux, affirmait détenir un dossier consistant, établi uniquement à charge, sans le témoignage des journalistes présents le jour de l'incident.
Ce conflit a été exemplaire.
La CFDT ne dira jamais assez sa fierté de représenter et de défendre des salariés qui ont affronté une direction intransigeante et responsable d'une des plus  longues grèves de l'histoire du journal.

(1) Le secrétaire du CE a tenté dès le vendredi 2 mai de faire entendre raison au directeur général qui s'est montré très agressif au téléphone et lui a raccroché au nez. Il a aussi adressé un message à Bernard Marchand, patron de Rossel. Message resté sans réponse.




mardi 15 avril 2014

Des accords méprisants



 Une seule organisation syndicale de journalistes (la CGT) a signé les accords sur les classifications et les droits d'auteur présentés par la direction.  CFDT, FO et SNJ ont rejeté ces textes qui ne prennent en compte aucune de leurs propositions et se soldent par des pertes de salaire pour un certain nombre de confrères.
Dès le 14 avril, la direction s'est empressée de soumettre à chacun une convention d'adhésion individuelle afin que l'accord droits d'auteur soit applicable. La CFDT rappelle qu'on ne peut pas obliger un journaliste à la signer. Les réfractaires doivent cependant s'attendre à subir de fortes pressions et rencontrer nombre de chausse-trapes. 
Il appartient désormais à la rédaction de manifester individuellement sa réprobation en laissant de côté la dite convention. 

Le communiqué intersyndical

Les organisations syndicales de la rédaction avaient jusqu’au 9 avril 2014 pour signer les accords de la grille de classifications des journalistes (fonctions et indices) et de droits d’auteur. La CFDT, FO et le SNJ ne les ont pas signés, après de nombreuses propositions rejetées par la direction. Pourquoi ?

1.    En préambule de l’accord de classifications, il est précisé que la rédaction est « composée de 87 CDI à la date de signature de cet accord ». FAUX. Le nombre de CDI est de 81. Malgré nos demandes, la direction refuse de titulariser les six postes restants, pourvus par des CDD depuis la clause de cession en 2010. A chaque négociation, elle précise d’ailleurs que la rédaction devrait être ramenée à 80 CDI.
2.    La prime droits d’auteur de 500 € ne répond pas à nos attentes puisque nous demandions qu’elle soit fixée à 600 €. Pour rappel, la Commission des droits d’auteur des journalistes (CDAJ) a été saisie en novembre 2013 par la CFDT, FO et le SNJ suite au refus de la direction de poursuivre les négociations. Attitude « irresponsables » selon la CGT. Pourtant, la CDAJ a obligé Gabriel d’Harcourt à appliquer la loi, soit à payer une rétroactivité des droits à compter du 15 juin 2012. Elle l’a aussi obligé à rouvrir les négociations. Ce qui fut fait. Elle a porté à 200 € le montant attribué aux journalistes pour la reprise de leurs œuvres au sein du titre de presse le Courrier picard, là où la direction accordait 100 €. Elle a considéré comme acquis les propositions de la direction sur deux autres points : 300 € pour la reprise dans les publications éditées par le groupe Voix du Nord – Rossel et 100 € pour les cessions à des revues et agences de presse. Soit un montant total de 600 €. Gabriel d’Harcourt, arc-bouté sur une indemnité globale de 500 €, a donc purement et simplement supprimé les 100 € de cession à des revues et agences de presse et les a inclus dans le montant attribué à la reprise des œuvres au sein du titre de presse le Courrier picard. Joli tour de passe-passe. A noter que la proposition de la CFDT, FO et du SNJ aboutissait à un surcoût annuel de 8 700 € pour 87 journalistes. Impossible à assumer pour l’entreprise martèle Gabriel d’Harcourt.
3.    Nous ne cautionnons pas le jeu d’écriture, validé par la direction et la CGT, de faire passer dans l’accord de droits d’auteur une prime exceptionnelle (250 €) pour la formation à CCI Newsgate. Cette prime n’a rien à voir avec les droits d’auteur. Elle devrait figurer dans l’accord de classification. Pourquoi n’y est-elle pas ? Peut-être parce que les primes droits d’auteur ne sont pas soumises aux charges sociales patronales… par contre, elles sont bien imposables pour les salariés.
4.    L’accord de classification a été rédigé en novembre 2013. Depuis, les choses ont évolué : nous travaillons sous CCI Newsgate et la rédaction en chef nous promet déjà une très prochaine réorganisation. Les fonctions des journalistes en seront-elles modifiées ? Nous l’ignorons. Ne valait-il pas mieux caler cet accord sur les besoins et ambitions d’une rédaction multimédias ? Nous en sommes persuadés. Pas la direction.
5.    L’accord de classification ne rémunère pas les fonctions nouvelles des journalistes liées à CCI Newsgate. Seuls quelques rédacteurs, qui deviendront éditeur, seront gratifiés de 5 points d’indice.
En conclusion, ces accords ne reflètent en rien la situation nouvelle imposée à la rédaction. Ils ne prennent pas en compte l’énorme défi du numérique que nous devons relever. Là où la direction devrait être le porte étendard d’un projet numérique aussi vital qu’exaltant, elle ne fait que démotiver la rédaction.

mardi 8 avril 2014

Le grand couac des municipales

Les syndicats de journalistes, CFDT en tête, avaient prévenu : il est risqué de changer de système informatique juste avant les élections municipales. Ce scrutin est un moment fort pour la presse régionale.

Bien entendu, la direction du Courrier picard n'en a pas tenu compte. Résultat : un énorme fiasco le soir du premier tour. Peu de résultats, des pages blanches (ça repose l'oeil, ont fait remarquer les persifleurs), une mise en page improvisée, des doublons, etc. En résumé, une belle pagaille qui s'est traduite le lundi matin par une colère retenue de la rédaction et un fort découragement. On avait travaillé pour rien.

A l'origine de ce couac, une panne du système informatique qui gère les résultats.
Rien à voir donc avec le nouveau système CCI.Ce que la direction s'est empressée de faire remarquer.
Sauf que personne ne maîtrise vraiment CCI, un système lourd et complexe conçu en priorité pour le net et adapté tant bien que mal au papier.
Avec Hermès (le précédent système), chacun se serait vite adapté et aurait limité la casse sans que le journal en souffre trop.
La rédaction en chef  n'a décidé d'un plan B qu'à 22h20, l'heure de bouclage étant fixée à 23h15. Ce qui laissait peu de temps pour réagir.
Le journal du lundi 24 mars 2014 restera un collector. A garder précieusement et à montrer dans toutes les écoles de journalisme comme exemple à ne pas suivre.
Il résulte de ce désastre une perte de crédibilité, une image de marque dégradée, des journalistes ridiculisés, des lecteurs mécontents avec l'impression d'avoir payé un journal ne répondant pas à leurs attentes.
Certains dépositaires (dans l'Oise notamment) ont vu leurs clients rapporter le Courrier et l'échanger contre le concurrent.

Ni responsables, ni coupables

Les responsables sont-ils prêts à rendre des comptes ? C'est peu probable.  
"Le standard n'a pas explosé", s'est presque réjoui le directeur général, en comité d'entreprise le lundi 24. Lille reste aux abonnés absents. C'est pourtant du Nord que sont venus les ordres de lancer CCI au forceps avant les municipales. On a vu le résultat.
A l'heure où des journalistes reçoivent des lettres recommandées pour de soi-disant fautes (en fait, pour les mettre au pas), la CFDT ne peut accepter que l'encadrement fuie ses responsabilités et renvoie vers d'autres ses erreurs.