vendredi 8 octobre 2010
Dites 33 !
Et qui est le 33e ? "éricbesson", notre dernier président de la scop, celui qui a vendu le journal aux "gentils ch'tis".
Pourquoi avoir caché ce départ pendant plus d'un mois ?
En août, la direction niait tout licenciement. Des consignes ont même été données pour l'inscrire au tableau de service du Desk en septembre avant de signifier une prolongation de son congé de maladie. Le pauvre garçon déprimait après sa mise au placard à Saint-Quentin pendant six mois.
Il a fallu attendre la mi-septembre pour qu'officiellement, "laVoixdesonmaître" annonce que son ex-président ne faisait plus partie des effectifs. Un mystère demeure toutefois sur les modalités de sa clause de cession : est-il parti sur les bases de son salaire de journaliste ou sur celles de son salaire de président ?
Quoi qu'il en soit, il apparaît aujourd'hui comme le dindon d'une farce qui ne fait rire que dans le Nord. Les "gentils ch'tis" l'ont visiblement bien mal récompensé.
La CFDT ne pleure pas sur son sort. "Il nous a fait trop de mal pour qu'on en dise bien", pour reprendre une phrase de Corneille.
Le cas "éricbesson" est révélateur des pratiques d'une direction qui a institué le mensonge en mode de management. Quelle confiance, dans ce contexte, les salariés peuvent-ils accorder à leurs dirigeants dont la crédibilité tend plus vers le zéro que vers l'infini ?
L'hémorragie de la rédaction du CP après la reprise par les "gentils ch'tis" n'est malheureusement pas un cas isolé. A la République du Centre (Orléans), l'arrivée du groupe La Montagne en mars s'est traduite par 34 départs en clause de cession sur un effectif de 72 journalistes.
mercredi 6 octobre 2010
Des avenants toujours illégaux
La CFDT n'a pu participer à cette réunion et s'est fait excuser. Elle a néanmoins pris connaissance du nouveau texte.
Sur le fond, rien n'a vraiment changé.
Certes le scandaleux chapitre sur le "permis de conduire en cours de validité" a été supprimé (second alinéa du chapitre 5 "Déplacements"). Il faut dire que les "gentils ch'tis" n'y allaient pas avec le dos de la cuillère.
"Il est expressément convenu que :
suspendu pour la même durée
le présent contrat sera rompu de son fait."
Malgré ce petit toilettage, l'article 7 sur la clause de mobilité demeure tout à fait illicite. Une direction ne peut pas imposer un changement de lieu d'habitation. Nous l'avions écrit dans un précédent article ("Des avenants au forceps", 26 septembre 2010) : c'est contraire à toute jurisprudence de la Cour de Cassation.
La direction nous donne d'ailleurs implicitement raison. Dans la version 2 de son avenant, la phrase stipulant que "le refus d'accepter un tel changement (ndlr : de lieu d'habitation) serait susceptible d'entraîner son licenciement pour cause réelle et sérieuse" a disparu.
Et puis, compte tenu de la paupérisation de la rédaction et des salaires de misères imposés par les "gentils ch'tis", on ne voit pas comment un journaliste aura les moyens de s'installer en ville. A moins que "laVoixdesonmaître", dont le salaire ferait rougir les patrons du CAC 40, ne mette la main à la poche.
Autre abus de la direction : exiger du salarié qu'il prenne une assurance illimitée pour son véhicule personnel et que ce surcoût soit à sa charge. Si coût supplémentaire il y a, et dans la mesure où l'entreprise exige une assurance spéciale, il appartient à cette dernière d'en assurer la charge.
De plus, renoncer par avance à tout recours contre la société qui envoie son salarié avec son propre véhicule couvrir un événement, n'est pas correct. Rien ne prouve que l'intervention du salarié se fait dans le respect des règles légales. La responsabilité civile et pénale de l'employeur ne doit pas être écartée par principe.
Cet avenant, dans sa nouvelle mouture, constitue toujours une modification d'éléments essentiels du contrat de travail. La direction doit donc passer par la procédure collective prévue à l'article L 1222-6 du Code du travail qui oblige l'employeur a en faire " la proposition au salarié par lettre recommandée avec avis de réception. La lettre de notification informe le salarié qu'il dispose d'un mois à compter de sa réception pour faire connaître son refus. A défaut de réponse dans le délai d'un mois, le salarié est réputé avoir accepté la modification proposée".
Une tradition chez les "gentils ch'tis".
N'avaient-ils pas usé du stratagème quand les sociétaires de la scop ont vendu leurs parts sociales ?
mardi 28 septembre 2010
Anastasie, miss Ch'ti
La veille, il aurait pu titrer :"Anastasie miss Ch'ti". Anastasie, nom donné à la censure de la presse pendant la Grande Guerre, avait en effet frappé. Normal sur les terres de la bataille de la Somme !
Un photographe ayant assisté à la dernière nuit des rotatives le dimanche 19 septembre 2010, il avait été décidé, sur l'insistance de la rédaction (la rédaction en chef n'aurait jamais pris une telle initiative), que la page "Portfolio" du dimanche suivant serait consacrée à l'événement.
Si les lecteurs ont pu apprécier les clichés de notre confrère, ils n'ont, par contre, pas eu droit au texte original qui les accompagnait. Trop subversif pour une direction qui s'emploie au quotidien à faire disparaître tout ce qui pourrait rappeler le statut coopératif.
La CFDT s'empresse de réparer cet acte manqué en publiant les deux textes, celui auquel les lecteurs ont échappé et celui auquel ils ont eu droit.
Le texte censuré était titré "L'arrêt du coeur" (on était déjà dans le persiflage). En voici l'intégralité :
En ce moment douloureux pour l'histoire de notre titre, nous aurons une pensée pour ceux qui, au sortir de la guerre, résistants et humanistes, se sont battus pour fonder un journal éclairé et fraternel."
Votre quotidien présente désormais l'avantage de proposer à ses lecteurs des contenus en couleurs à toutes les pages. Imprimé sur les rotatives du groupe Voix du Nord, dont il est l'un des fleurons, le Courrier picard poursuit avec le même souci de proximité sa relation particulière avec les habitants de Picardie. Nos abonnés continueront de bénéficier de notre portage à domicile et nos équipes sont déterminées à renforcer encore le lien qui les unit aux Picards depuis plus de 65 ans.
Fier de son ancrage dans les départements de la Somme, de l'Oise et de l'Aisne, le Courrier picard reste plus que jamais le journal de ses lecteurs."
dimanche 26 septembre 2010
Des avenants au forceps
Objectif : aligner les anciens sur le statut VdN réservé aux nouveaux avec l'entrée en vigueur de l'accord sur les qualifications et les grilles de salaires PQR.
En clair : détricoter les avantages que nous avons encore de notre ancien statut scop.
Si la direction exerce des pressions sur vous pour obtenir votre paraphe, n'hésitez à contacter les élus CFDT qui sauront vous conseiller sur la marche à suivre.
Pourquoi cet "avenant" au contrat de travail est-il illégal ?
1 - Quand une direction entend modifier le contrat de travail de ses salariés, elle est tenue de respecter une procédure prévue à l'article L.1222-6 du Nouveau Code du Travail. Cette procédure passe en premier lieu par l'envoi d'un courrier par lettre recommandée avec avis de réception.
La lettre doit préciser quelles sont les modifications essentielles apportées au contrat de travail.
Elle doit indiquer que le salarié dispose d'un délai d'un mois à compter de la réception du recommandé pour faire connaître son refus.
S'il ne répond pas dans le délai prescrit, il est réputé accepter la modification de son contrat.
2 - Quelles seraient les conséquences d'un refus ? La direction doit le préciser.
Si moins de dix salariés refusent cette modification, elle pourra engager un "petit" licenciement collectif en respectant les règles légales d'information du Comité d'entreprise.
Si plus de dix salariés disent "niet", la procédure économique sera différente. Elle devra mettre en place un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) - comme pour nos amis du technique - avec différentes mesures d'accompagnement. Une procédure lourde qui ne permet pas d'embaucher derrière pour combler les vides.
3- Dans les projets d'avenants que nous avons pu consulter, la direction ne fait nulle mention d'une modification "d'un élément essentiel" du contrat de travail. Elle fait volontairement l'impasse sur les modifications susceptibles d'être refusées par les journalistes.
Par contre, sur le changement de grille de classification, elle est dans son droit : le changement de convention collective induit automatiquement un changement des barèmes de salaire pour un salaire brut total égal.
4 - La clause de "mobilité" ne peut être imposée. Aucune clause de mobilité ne peut imposer contractuellement à un salarié d'accepter un déménagement personnel. C'est contraire à toute jurisprudence de la Cour de Cassation.
En résumé, ces avenants constituent autant de modifications essentielles d'un ou plusieurs éléments du contrat de travail. La direction, si elle veut les imposer, doit réunir le Comité d'entreprise, l'informer et le consulter sur les raisons qu'il l'amènent à proposer ces modifications. Elle pourra ensuite envoyer ses lettres recommandées avec AR aux intéressés.
La CFDT a protesté contre ces envois d'avenants le lundi 20 septembre 2010 en Comité d'entreprise et le mardi 21 septembre 2010 en réunion de délégués du personnel. "laVoixdesonmaître" semble prêt à revenir sur le chapitre du permis de conduire. Il voulait que toute suspension du permis s'accompagne d'une durée équivalente de suspension du contrat de travail. Face au tolé des syndicats, il a promis de revoir sa copie. Pas certain qu'il modifie en profondeur son projet.
Par contre, il convoque les délégués syndicaux le jeudi 30 septembre. A l'ordre du jour : étude sur les projets d'avenants au contrat de travail.
Affaire à suivre, comme on dit dans les journaux !
mardi 21 septembre 2010
Journée - de destruction - du patrimoine

En décembre 2009, quand les "gentils ch'tis" ont fait main basse sur l'entreprise, ils lui avaient confisqué son âme. Avec la fin de l'imprimerie, c'est son coeur qui cesse de battre. Depuis le 20 septembre 2010, le CP est physiquement mort.
Aujourd'hui, c'est un ersatz de la VdN qui est proposé aux lecteurs. C'est Lille qui impose les heures de bouclage. A 22 h 15, tout doit être terminé. Tant pis pour les sportifs ! Les résultats des rencontres de la veille, ils iront les chercher sur Internet. Inutile d'acheter le journal. Pourquoi dépenser plus quand à longueur de colonnes on vous encourage à naviguer sur un site qui, lui, ne rapporte pas un centime ?Les journalistes un peu trop remuants ont été placardisés. "albertlondres" a pris soin de ne s'entourer que de gentils collaborateurs qui ont cette faculté de le brosser dans le sens du poil.
lundi 13 septembre 2010
Le grand bazar
La langue de bois n'est pas réservée qu'aux politiques. Nos amis les "gentils ch'tis" sous la plume de leur représentant amiénois, "laVoixdesonmaître", la manient aussi avec maestria.
Vu le grand bazar qui règne au journal depuis l'arrivée de la VdN, et qui s'est amplifié à la rentrée, la CFDT voyait mal comment on allait sortir une nouvelle formule sans dégâts.
Le responsable du projet, choisi par le rédacteur en chef, sans consultation de la Commission permanente de rédaction (CPR), ayant décidé de faire jouer sa clause de cession en plein mois de juillet, nos grands chefs se retrouvent aujourd'hui le bec dans l'eau.
Pourtant, "albertlondres" l'avait assuré : il y aura continuité. Tout est planifié. Dormez tranquille braves gens !
Un communiqué daté du 7 septembre 2010, signé de "laVoixdesonmaître" et adressé à l'ensemble du personnel, vient le contredire. Notre Président Directeur Général laisse croire qu'il a associé le rédacteur en chef à sa décision. On en doute dans la mesure où ce dernier est actuellement en vacances à 2 000 kilomètres des flèches de la cathédrale.
La raison officielle de ce report est liée "à l'obligation de séparer techniquement deux projets distincts et majeurs pour l'entreprise : le transfert d'impression fixé au 21 septembre 2010 d'une part et le lancement de la nouvelle formule d'autre part".
Le transfert d'impression peut inquiéter. A ce jour, rien n'est réglé. Aucune information n'a été faite. Aucune consultation n'a été engagée auprès des journalistes de base.
En tout cas, si tout est réglé à une semaine de sa mise en place, personne n'en est informé. L'inquiétude est donc grande à la rédaction.
La réalité est en fait toute simple : les "gentils ch'tis" sont en pleine panade. Ils naviguent à vue. Notre ami Biloute qui tenait conférence de presse la semaine dernière pour vanter les résultats de sa télé locale, Weo, a refusé de répondre aux questions sur le CP.
Il a des soucis avec sa nouvelle imprimerie. Wifag, l'industriel suisse, fournisseur des rotatives que le CP va contribuer à amortir, en a arrêté la production. Une décision qui intervient alors que le personnel VdN n'est pas encore entièrement formé.
Les rotativistes lillois ne maîtriseraient pas les techniques de changement automatique de plaques d'une édition à l'autre. Ennuyeux à la veille de l'arrivée du CP et de ses 7 éditions !
Nos lecteurs devront donc se contenter du noir au moins trois mois de plus avec un problème supplémentaire pour "laVoixdesonmaître". Il comptait baser sa campagne de communication sur un journal tout couleurs sans augmentation de prix... cette année. Oubliant de préciser au lecteur qu'il avait prévu une augmentation début 2011.
Grâce à sa bonne gestion, ils auront droit à la couleur et à une augmentation de 5 centimes en même temps. Les veinards !
mardi 7 septembre 2010
Vive la rentrée !
Chacun l'a découverte en lisant sa fiche de paie du mois d'août.
Conséquence de l'accord sur la nouvelle grille de salaires signée en juillet, elle a valu quelques descentes de mine à la rédaction.
"J'ai l'impression d'avoir rajeuni de vingt ans", confiait avec humour un confrère. Passé du statut de secrétaire de rédaction à celui de simple rédacteur, il ne cachait pas son amertume. C'est la promotion version "gentils Ch'ti", ça coco !
Finie la "CCN de travail des journalistes de la presse parisienne". La version nordiste nous impose désormais la "CCN de travail des journalistes". Par voie de conséquence les coefficients basculent de la PP à la PQR. Un ex-149 a désormais droit à un généreux 120.
La ligne "appointements" est remplacée par une ligne "base PQR" (celle du nouveau coefficient ou indice) suivie d'une ligne "complément base" qui réajuste le salaire au niveau de celui versé au temps béni de la scop version Presse parisienne (PP).
L'ancienneté professionnelle et l'ancienneté maison subissent le même sort.
Nul doute que toutes ces modifications vont motiver une rédaction qui passe de 92 à 87 journalistes et où 33 confrères ont fait jouer la clause de cession.
Que ceux qui restent et ont été recrutés en CDI avant le 1er août 2010 s'estiment heureux, les nouveaux arrivants seront au pain sec et à l'eau avec une grille PQR au ras des pâquerettes.
Rappelons que la CFDT demandait que soit appliquée la même grille qu'à la VdN où personne n'est payé en-dessous de l'indice 140 (PQR).
Les "gentils Ch'tis" qui ne ratent jamais une occasion de nous rappeler qu'ils ont des valeurs, oublient de préciser que leur seule valeur, c'est celle de l'argent !